France
Le second tour des municipales a marqué un tournant politique à Montargis. À 36 ans, Côme Dunis s’est imposé de justesse, devenant l’un des nouveaux visages locaux du Rassemblement national. Anciennement engagé dans le mouvement des « gilets jaunes », il incarne aujourd’hui la progression du parti dans les villes moyennes.
La victoire s’est jouée à une poignée de voix : 59 bulletins ont suffi à faire basculer le scrutin. Dans une triangulaire serrée, il recueille 34,64 % des suffrages. Derrière lui, la liste d’union de la gauche conduite par le communiste Bruno Nottin devance légèrement le maire sortant, Benoît Digeon (LR), crédité de 32,6 %. Au soir du résultat, les tensions sont palpables et les réactions contrastées, certains évoquant une victoire légitime, d’autres rappelant qu’une majorité d’électeurs n’a pas voté pour le RN.
Dès le lendemain, le nouveau maire affiche sa volonté d’occuper le terrain. Installé dans la permanence du député RN Thomas Ménagé, il assume cette percée politique inédite dans le département, situé à environ une heure et demie de Paris. Pour ses soutiens, ce succès confirme l’implantation progressive du parti porté nationalement par Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Côme Dunis promet une gestion « sans sectarisme » et se dit prêt à travailler avec l’ensemble des forces locales. Mais ses priorités s’inscrivent clairement dans l’ADN du RN : sécurité, lutte contre les trafics, maîtrise des dépenses publiques et baisse de la pression fiscale.
Cette élection symbolise ainsi une recomposition politique locale, où les équilibres traditionnels sont remis en question et où le RN consolide son ancrage au-delà de ses bastions habituels.